10 janvier 2009
Le parfum
Il y a 3 et demi, un soir de juillet, je le rencontrai. Je l'ai embrassé, il m'a invité à diner, nous avons fait l'amour, nous nous sommes revus, tenus la main, caresser, fait rire, regarder les étoiles, commander un pizza, écouter du jazz... Bref n'importe quelle conne qui tombe amoureuse d'un type assez attentionné pour lui montrer combien sa vie de couple est lamentable et comment il est délicieux de vivre dans l'adultère.
Quoique j'en pense maintenant, il a changé ma vie. Il apparait clairement aujourd'hui qu'à aucun moment il n'a accepté ce que j'étais et ce que j'offrais. Il n'a pensé qu'à se protéger, et vivre dans une certaine suffisance. Je n'étais pas celle qui allait "prendre sa vie en main", celle là il l'a trouvé depuis. Aujourd'hui je tombe sur ces photos grâce à la délatrice, l'infâme toile virtuelle qui révèle tout si on cherche bien.
Je n'aime pas son visage à elle, ni le sien sur leurs photos de voyage. Il ne ressemble pas à celui que j'ai idéalisé, ces cheveux sont blonds et son air routard inter-mondialiste m'indispose quand je pense à l'étroitesse d'esprit dont il peut faire preuve par moment.
Pourtant aujourd'hui, je lui dois mon bonheur actuel.
Merci de posséder cette mélanine si particulière, de m'avoir appris à l'aimer cette couleur rousse.
Merci de m'avoir ignorer.
Merci pour la musique.
Merci pour le Parfum.
Merci de m'avoir fait comprendre combien il est important de ne pas négliger ses pulsions, ses fantasmes et ses idéaux.
Comme chaque vendredi, il rentre dans la nuit. Une scène de sexe dans un film m'empêche de dormir, alors je l'attends feignant le sommeil profond. Quand j'entends la porte mon cœur bat un peu plus vite, des frissons nerveux me traversent le corps. C'est presque trop long. Je le regarde dans la pénombre et me délecte de ce déshabillage en ombre chinoise, même dans l'obscurité, je devine son corps : les courbes légères et douces de son torse, la blancheur de sa peau, les cheveux qui retombent sur sa nuque quand il ôte son pull. L'odeur et la chaleur qui se dégagent une fois qu'il est nu. C'est encore un autre parfum quand il se presse contre moi.
Avec du recul j'ai souvent attendu mes amants la nuit, dans mon lit, dans une gare...
Cela me procure un tel élan émotionnel, que parfois j'ai l'impression que le cœur va lâcher.
01 décembre 2008
Il suffit de pas grand chose pour devenir une espèce de guimauve acidulée qui soupire à longueur de journée.
Hier soir j'ai regardé "coup de foudre à Notting Hill"
Ce matin j'ai acheté du chocolat pour pâtisserie (genre prévision de soirées gourmandes et amoureuses).
Même l'amour modifie ma manière de consommer : pause au rayon lubrifiant exotique, méditation au rayon fruits et légumes pour me rappeler de cette fameuse recette qui pourrait éventuellement lui plaire. Comme si je sortais de ma crise économique et sentimentale, j'ai envie de tout, j'ai envie de plus.
Rien ne présageait ce revirement de situation, il m'étonne parce que je n'en voulais plus. Il y'a 6 mois je serrais les dents, le coeur, les cuisses pour finalement me rendre compte que j'echappais au grand amour masochiste. Cette chance d'avoir eviter le pire, m'a donné à penser. Sur le fait que je me devais d'etre moins impressionable et plus pondérée.
Là je me laisse aller. Un magnifique lacher prise qui s'est opéré sous mes draps. Je retrouve une intensité perdue. Un plaisir indefinissable au toucher de sa peau blanche et suave, comme un souffle de vie suplémentaire quand j'ouvre mes yeux le matin et qu'il me regarde déjà. Il m'observe et m'entoure, avant que je pose ces questions "que veut-il? " "qu'est ce je veux moi?". Je veux etre avec lui sur l'instant, peu importe ce qu'il y'a après.
14 novembre 2008
Aprés la rupture, celle qui concerne le père de mon enfant, j'ai essayé de rattraper le manque des années passées en couple. J'ai voulu me prouver l'existence de ma liberté sexuelle : j'ai donc exploré. Cela a duré 2 ans. Après avoir fait subir un certain nombre de barbaries à mon corps, j'ai rencontré quelqu'un qui a mis un terme à cette débauche. Je croyais refaire ma vie avec lui, ça n'a pas été le cas mais il a marqué un cap. C'était un homme performant et avide d'amour physique, j'aurais du le vivre comme la relation sexuelle la plus épanouie que j'ai vécu. Là encore il n'en etait rien. Depuis quelques mois je vis dans l'abstinence. Un constat s'est vite imposé, au fur à mesure de ces nuits, où je m'endors et que mes souvenirs reviennent avec vivacité à mon esprit : je ne me souviens que de ceux qui ont su me toucher, qui ont deviné ce que mon corps voulait. Ce que j'aime c'est celui qui me retient le matin dans les draps alors que je dois partir au travail, celui qui hume ma nuque par plaisir de s'impregner de mon odeur, celui qui prend le temps de m'explorer. Ils sont rares ceux là, ils ne debarquent pas avec des fantasmes plein la tete, ils sont juste impatient de vous toucher quand vous etes près d'eux.
Découvrez Arthur H!
08 novembre 2008
J'étais à proximité du Prado, la nuit commencée à tomber, dans la rue je croisais des vieux, des touristes, des types à mallette-cravate... j'ai eu terriblement froid d'un coup, je sentais mon corps se dérober et mes yeux qui se fermaient. J'ai rarement ressenti cette envie d'une manière aussi violente : j'aurais donner n'importe quoi pour que quelconque inconnu me prenne dans ses bras. Je ne crois pas en Dieu et pourtant j'ai prié pour quelque chose de bon et d'humain se produise à ce moment là. Mais rien.
Je suis perdue, parce que je ne ressens rien pour personne. Je suis perdue parce que l'avenir proche est incertain. Je suis perdue parce que ma solitude qui me tenait tellement à coeur, ne m'apporte plus rien. J'ai souvent besoin d'etre seule quand on m'a privé d'air, après une relation grotesque ou dramatique, je suis sure que ma vie me convient tel quel. Mais qui m'attend quand je reviens de mes explorations? Qui se préoccupe de mon sommeil, de mes lectures, de mon écharpe suffisament chaude autour du cou?
Sinon : les musées des 4 coins du monde sont souvent remplis d'oeuvres d'art et de jolis garçons... Les tableaux de maitre se revelent dans leur singularité et leur beauté, unique dans une pièce bondée de représentations diverses par contre les jolis garçons sont rarement seuls, toujours leur anti-vols de conjointe à proximité.
Je partirai avec mon meilleur ami la prochaine fois. Ca m'evitera ce genre de désagrément.
21 octobre 2008
J'attends que quelque chose se passe. D'habitude, à cette époque de l'année, il se passe toujours des événements notoires dans ma vie. Je tombe amoureuse en automne et suis à nouveau seule au printemps. Aussi cyclique que ton calendrier de la poste.
Le parisien me manque malgré mon vœu d'abstinence. Quand je songe à ce que j'ai ressenti la dernière fois que je l'ai vu : la tension sexuelle qui m'électrise quand je suis dans la même pièce que lui, sa valise posée sur le sol (cela m'était du réalisme dans le fait qu'il était juste là, en train de dormir à l'étage), sa voix, son odeur, son calme et sa retenue. Je ne veux pas savoir sa vie, les autres filles qui le côtoient, celles pour qui il a des sentiments... rien que de penser à cette idée, je suis folle de jalousie. Je connais que trop bien, tout ce qui peut être attirant chez lui. Suis trop aveuglée pour deviner ce qu'il est vraiment.
J'espère que la prochaine défibrillation sera à la hauteur. Il faut qu'elle le soit.
19 octobre 2008
J'ai furieusement envie de me branler depuis quelques semaines sans pour autant passer à l'acte. La réconciliation avec mon corps et la recrudescence de pensées libidinales sont un lent processus. Mais cela a commencé un soir, dans un théâtre, quand un jeune comédien a déclamé torse nu. Un corps sec et musclé. Une peau lumineuse. Même de loin j'arriverais à m'imaginer sa mécanique du corps, chaude et palpitante sous sa peau immaculée. J'ai rougis en passant à tout cela. Comme le premier désir, la vague érotique naissante qui submerge une adolescente un soir de solitude (ridicule à mon age, j'ai arrêté de lire du Brontë).
39 a aussi contribué à ce regain de chaleur au creux de mon bassin l'autre soir. Mais 2 jours après j'ai déjà oublié de quoi il s'agissait, pourquoi cette réaction? Pourquoi cette envie soudaine de baiser. A croire qu'il me faut une bonne raison désormais. Ça pourrait être ennuyeux, douloureux, honteux, trop rapide ou trop long... j'ai peur de me retrouver avec un homme au lit. Les parisiens acerbes aux troubles érectiles, ça ne compte pas. Ça n'a pas compté, puis ça m'arranger tellement, caresser son corps et m'enivrer de son odeur sans pénétration.
Au deuxième verre de vin, je m'appuie la table et cherche ses lèvres avec les miennes. Dans un restaurant , j'ai toujours trouvé cela vulgaire : se rouler des patins après un steak tartare. Pourtant tout semblait bien commençait au rayon bureautique d'un magasin suédois. "waouh" ai-je pensé quand j'ai mesuré du coin de l'œil son allure, la finesse de son visage... j'ai feint de l'ignorer mais je savais que c'était lui. Lui je l'ai saoulé avec mon speech de trentenaire libre et légèrement blasée, moi j'ai trop bu comme à mon habitude. Me desinhibe pour me sauver de l'ennui.
Trente neuf.
Que dire? j'avais dit que j'arretais les vieux cons. Mais cette résolution ratée, j'en evalue désormais la réelle signification : une abdication. J'ai trente ans. Je ne plais plus à ceux qui ont 25. Quand je leve les yeux dans la rue, ce sont des hommes de 40-50 ans qui me regardent. Des beaux et d'autres moins. Des pères de famille. Alors j'y reflechis, je refléchis à l'équation "se taper un bel homme de 40 ans plutot qu'une calvitie précoce de 30 ans". Le choix est cruel, mon orgueil en prend un sacré coup. Le "tout est possible" est inconcevable avec un homme de cet age, je le sens dejà repu... je sais ces mots qu'il ne dira pas et les coups de fil que je ne recevrai probablement jamais. On ne flirte pas à cet age. On exige et si on obtient pas, on passe à autre chose. J'ai senti cette envie de ne pas appronfondir les choses, cette sagesse sur les sentiments et les angoisses féminines (qu'il sait désormais si bien apaiser). Mais surtout je me suis attristée face à ce dégout certain des femmes, il les aime autant qu''il les rejette. Il a raison. Les femmes savent si bien manipuler, decider, utiliser les faiblesses de l'autre à bon escient.
Je n'ai pas grand chose pour le surprendre, je suis comme toutes les autres.

